Voyage au cœur du grand atlas

Voyage au cœur du grand atlas

A 12 km au nord d’Agadir, sur la droite, une route sinueuse traverse 24 km do montagnes, puis une étonnante diversité do reliefs avec une végétation très variée où dominent les arganiers. C’est la route pittoresque du miel, qui borde un véritable jardin botanique naturel surnommé « la vallée du paradis ».

Enfoui au cœur du haut Atlas, étendu de ses plus bas versants aux sommets les plus élevés, Ida Ou Tanane, vaste territoire, où la tribu berbère du même nom a longtemps régné, s’affirme avec force, grâce à un -panorama extraordinaire. En fait, Ida Ou Tanane, se compose de deux grandes -parties naturelles qui s’intègrent avec l’altitude croissante des monts du haut Atlas Idouthama, terme berbère qui signifie l’endroit le plus bas, désigne donc la -partie qui s’étale de 700 mètres à 1200 mètres d’altitude.

Là, les villages berbères que le temps et la civilisation semblent avoir épargné, ancrés dans une nature riche et attrayante, nous ouvrent les bras avec chaleur. Le village de Tazarine ou « figue sèche », est le dernier village qui sépare Idouthama et Ida OU Tanane des autres territoires également berbères. A l’instar des autres villages, Tazarine sommeille à l’ombre des arganiers, des amandiers et des oliviers. Les maisons berbères construites enpisé sont bâties sur deux étages. L’accès principal de chaque maison dessert un passage vers le rez-de-chaussée, destiné essentiellement à accueillir le bétail, et conçu par conséquent en étable, et un second -passage qui lui mène vers le niveau supérieur où se déroule la vie de la famille. Le mode de vie y est typique et repose sur les moyens les plus traditionnels, tels que le moulin à fruits d’arganiers, le moulin à farine et le four traditionnel, indispensable dans chaque maison. En outre, ils utilisent de l’huile d’arganier que les berbères de la région consomment spécialement, et qU’ils offrent avec plaisir à leurs hôtes, et d’Amlou, une délicieuse marmelade confectionnée à base d’huile d’arganier, d’amandes et de miel pur.

L’huile d’olive est indispensable dans leur cuisine sinon dans leur vie quotidienne. Chaque saison, les villageois unissent leurs efforts pour presser leurs olives dans un gigantesque pressoir, installé pour la circonstance dans le village depuis plus d’un siècle,plus haut, sur une altitude approximative de 900 mètres, un surprenant rocher saillant de forme plane et qui porte le nom de Zolado ou « maquille tes yeux avec le vent » surplombe Idouthama. Cette appellation originale, lait allusion au léger vent que l’on y retrouve toute l’année et qui nous fait légèrement piquer les yeux telle Khôl traditionnel. Cette vue féerique est un mélange naturel de formes et de couleurs authentiques, des oasis abondantes et verdoyantes, des sommets déchirant le ciel, des modestes maisons couleur ocre éparpillées ça et là, et pour comble de plaisir et d’émerveillement, le lac du barrage Abdelmoumen, qui dans un paisible et interminable parcours traverse ce magnifique tableau dans une parfaite harmonie. Puis, sur une hauteur de 1200 mètres, commence la deuxième partie d’Ida Ou Tartane, en l’occurrence Iguinthama ou la ‘Partie la ‘Plus haute. A cette altitude, au milieu de la route du miel se dresse le village d’Imouzzer, ancienne capitale de la tribu Ida ou Tanane, un terme qui signifie cascade en berbère. De cette hauteur qui domine Idouthama, Iguinthama et Ida Ou Tanane toute entière, Imouzzer comme dans un geste de bonté, déverse calmement son eau fraîche et régénératrice, dans un grand lac que la nature a créé, et où l’on se ‘Prélasse avec grand ‘Plaisir au ‘Printemps La cascade jaillit sur plusieurs niveaux et s’écoule le long de parois rocheuses blanchies par les cristallisations de calcaire, ce qui lui vaut le surnom du « voile de la mariée ».

L’escalade du haut Atlas continue et les découvertes que l’on y effectue au fur et à mesure, sont de plus en ‘Plus surprenantes. D’un sommet à l’autre, le paysage diffère;derrière chaque montagne nous attend une surprise ; les souks hebdomadaires de la région qui se passent le relais tout le long de la semaine entre les villages d’Iguinthama et d’Idouthama, nous emmènent dans un voyage dans le temps. Grâce à l’étendue de son territoire, à la richesse de sa nature,à la diversité de ses sommets, Ida Ou Tanane nous offre l’occasion inespérée d’aller au bout de nos ‘Passions, ‘Parcourir les monts du haut Atlas à pied ou à dos de mulet et rechercher l’aventure, découvrir une culture ancestrale et digne d’intérêt, partir à la chasse à la perdrix ou au sanglier, et pourquoi pas pratiquer les sports les plus fous tels que le saut en parachute ou le deltaplane des sommets les ‘Plus élevés d’Iguinthama vers les oasis et les dunes d’Idouthama. Enfin, après avoir atteint les montagnes les ‘Plus élevées, après avoir mis à jour les endroits les ‘Plus retirés d’Ida Ou tanane.
La route du miel amorce petit à petit sa descente, pour aboutit à vingt minutes d’Agadir, sur la route d’Essaouira, où la boucle magique qu’elle a créée le long de son sillage du haut Atlas, prend fin, au grand regret du voyageur qui vient de l’emprunter

Voyages le long du littoral Marocain

Voyages le long du littoral Marocain

Le Maroc dispose de longues plages qui bordent tout son littoral. Paradis des baigneurs l’été, les plus sportifs devraient aussi trouver leur bonheur: planche à voile, surf, jet-ski, ski nautique, wind surf. Toutes les passions peuvent être assouvies entre Asilah et Agadir. La côte méditerranéenne, toute aussi riche mais beaucoup plus calme, est avant tout réservée aux amateurs de siestes sur le sable fin, de plongée sous-marine, de ski nautique et de ballades en bateau.

Cabo Negro

Station balnéaire pleine de charme en bordure de Méditerranée. Mer calme et sable très fin. Idéal pour bronzer, se baigner et pratiquer le ski nautique.

AI Hoceima

Paradis bleu des baigneurs et des amateurs de plongée sous-marine.

Asilah

Charmante ville aux fortes empreintes espagnole et portugaise, est appréciable pour sa longue plage de sable doux qui s’étend sur des kilomètres. Idéale pour le surf et la planche à voile.

Mehdya

Le berceau du surf au Maroc par excellence. Les surfers de la base américaine ont commencé à y surfer dans les années 50.

Entre Kénitra et Casablanca

Se succèdent de grandes plages estivales. La plage de Bouznika est l’un des rendez-vous privilégiés des surfers, initiés seulement car la mise à l’eau demande un certain savoir-faire pour ne pas se retrouver dans les bancs d’oursins. Il n’en reste pas moins que cette vague procure de vraies sensations. C’est aussi une plage adaptée aux amateurs de jet-ski. Sur Rabat Salé, les vagues proches de la jetée s’adaptent parfaitement aux attentes des surfers et body-boarder. Un plan d’eau idéal aussi pour le jet-ski.

Mohamédia

Entre la plage des Sablettes, Pont Blondin et le port, les amateurs de tous les sports nautiques, que ce soit le surf, le jet ski ou le ski nautique, devraient trouver leur bonheur. Casablanca possède de nombreux spot pour les surfers, en particulier en face de la corniche qui ne sont pas sans rappeler les plages landaises. Dar Bouazza possède les mêmes caractéristiques.

Oualidia

Site idéal pour les surfers débutants comme pour les confirmés. Le surf camp possède d’ailleurs toutes installations nécessaires pour initier les plus jeunes. C’est le paradis des débutants.

Promenade au Maroc

Promenade au Maroc

Fascinant, mystérieux, intrigant. .. Nombreux sont les adjectifs employés pour décrire le Maroc. Souvent emphatiques sont les efforts pour essayer de condenser ces aspects exotiques et folkloriques qui n’ont jamais cessé d’inspirer les écrivains, artistes, cinéastes ou visiteurs.

L’atmosphère exotique, parce que naturellement enracinée devient fièvre pour le voyageur, une atmosphère réelle, mais qui, au-delà de l’emphase des occidentaux, n’est rien d’autre que la normalité propre à un pays riche en traditions. Mais il semble paradoxal, voire même ridicule et faussement snob de parcourir de long en large la terre marocaine à la recherche de lieux où ce charme est intact, car il se trouve partout, à chaque angle, dans toutes les villes, dans toutes les maisons. Au contraire c’est dans les plus grandes villes, justement fameuses et célébrées, que ce charme réside le plus. Inutile donc de s’aventurer dans des ruelles impraticables ou des villages minuscules: on ne trouvera rien d’autre que la confirmation de ce que des villes telles que Marrakech, Fès, Tanger ou Salé offrent déjà à l’œil avide du visiteur attentif. Même avec les contradictions typiques des métropoles et leur architecture confuse, les grandes villes du Maroc gardent cet éclat qui, apprécié de façon intelligente, ne fatigue jamais. Il faut donc s’offrir plus de temps pour admirer les merveilles uniques au monde.

Si l’on a peu de temps pour visiter le Nord, Tanger est une destination obligatoire et séduisante. Porte de l’Europe, croisement entre Atlantique et Méditerranée, il Y règne encore un halo de mystère qui a fait de la ville un décor parfait pour tant de films et pour de réelles intrigues internationales. Depuis des siècles, disputée par un nombre ,… important de pays, elle survit, imperturbable à son mythe, comme si un sortilège la rendait imperméable à l’écoulement du temps. Dans une profusion de couleurs et de parfums, elle propose ce fascinant chaos typique des villes portuaires de la Méditerranée, sans se soucier de l’opinion de ses invités. Au contraire derrière la vitalité palpitante des rues, des marchés, des kasbahs, elle cache délibérément l’aspect industriel et actif de ses commerces, comme un aspect secondaire mais bien présent, pour permettre aux visiteurs de suivre les traces de ses amateurs les plus fameux ;Tanger, chère à Delacroix, Saint-Saens, Tennessee Williams, Jean Genet, Matisse … mais elle ne s’en vante pas, convaincue que quiconque franchit le seuil de la porte Ben Erraha, reste difficilement indifférent au grand Socco, le souk tant aimé de Joseph Kessel, le minaret en faïence polychrome de Sidi Bou Abid ou à la vue de la ter¬rasse des Paresseux, ou au temps passé pour un thé au Petit Socco, privilégié par Paul Bowles, ou à la fraîcheur des jardins du sultan sous la puissance vigilante et évocatrice du palais Dar el-Makhzen, ou plus simplement aux heures passées à observer les gens à découvrir combien il est vrai que « Tanger libère l’artiste qui est en chaque homme » .

Tourisme à Fès, Casablanca et Rabat

Tourisme à Fès, Casablanca et Rabat

Bien différente est l’atmosphère de Casablanca: autant Tanger est inspiratrice, autant Casablanca est énergique, active, industrielle. Moteur puissant – ici sont concentrées 60% des entreprises industrielles – c’est l’incarnation du Maroc moderne. Et ce n’est pas un hasard si, depuis son nouveau plan d’urbanisation de 1912, elle a été pensée comme ville idéale, rationnelle, vouée à l’efficacité.
Du centre partent de larges boulevards bordés de constructions Art Déco, folies néo-mauresques et monuments au rationalisme, dans un mélange de styles et de proportions au premier abord déconcertant mais qui, par une mystérieuse alchimie fonctionne et ne dérange pas. On crée, certes, mais on restaure, on préserve, on protège les symboles du passé même récent et on comprend aussi pourquoi Casablanca, Casa pour les Marocains – a été choisie pour couronner le rêve d’un peuple: dans cette ville a été bâtie la mosquée Hassan II qui, avec ses 9 hectares de superficie et d’espace pour quatre-vingt mille fidèles, est simplement stupéfiante. En parfait équilibre entre tradition et haute technologie, elle possède plus de dix mille mètres carrés de zelliges, trente-sept mille de gypse, cinquante-trois mille de bois sculpté, résultant du travail de plus de trois mille trois cents artisan; le minaret est l’un des plus hauts du monde, le toit s’ouvre en trois minutes, transformant l’immense nef en un patio suggestif; un laser lance un rayon en direction de la Mecque …

De toutes les villes du nord, c’est toutefois Fès qui a le plus maintenu cette atmosphère magique non conditionnée par le tourisme. Même si elle est une destination à ne pas manquer pour tout voyageur, cette ville, à la beauté presque agressive, reste la plus secrète, peut-être la plus impériale des cités impériales. A découvrir entre les ruelles fourmillantes, à imaginer au-delà des murs qui délimitent jardins et résidences de rêve, à apprécier dans les marchés mais aussi dans la zone plus moderne, cette Fès el-Jedid née à l’extérieur des murs au XIIème siècle. Première capitale du royaume en 809 avec Idriss II, puis encore au XIIème siècle avec les Mérinides et au XIXème siècle sous le règne de Moulay Abdellah, Fès a toute la majesté de l’histoire. De la mosquée El Qaraouiyine à celle des Andalous, de l’université, la première du monde occidental, à la medersa es-Sahrji, tout parle d’une puissance économique et d’une culture aux larges horizons que l’on retrouve dans la partie plus ancienne, Fès El Bali: un dédale de passages, escaliers, cours, qui débouchent sur un lacis de ruelles constellées de boutiques artisanales où argent et bijoux, poteries au bleu de la ville et objets en cuivre, confirment un goût raffiné transmis pendant des siècles.

Rabat est aussi intéressante. D’origine romaine, la capitale du Maroc a, en effet, une sobriété qui, si au premier abord peut aller au détriment de l’atmosphère, devient son point fort à la médina, rationnelle et pourtant joyeuse, où se trouve le coquerie d’antiquités apprécié à des prix convenables. Sobriété qui se respire dans le quartier des ambassades, sur les plages, et en général dans toute la structure urbaine. A ne pas manquer, le minaret Hassan Ide 1196, qui domine la mosquée, et le mausolée Mohamed V adjacent. A visiter avec un calme rituel, la Kasbah des Ouadaias, citadelle fortifiée à l’embouchure du fleuve Bou Regreg; de ses rues et surtout de ses terrasses, on domine l’océan et la ville de Salé, jumelle de la cité. Fondée au XIème siècle, Salé est très différente pour sa structure et ses traditions et, au-delà des grands monuments, offre des joyaux d’une rare beauté, telle la petite mais délicieuse medersa mérinide, édifiée en 1333 par le sultan Abou El Hassan, par la terrasse de laquelle on contemple un immense panorama des deux villes, et le grand cimetière à pic sur la mer. Ce lieu de prière est la voie de passage obligatoire de la logique d’urbanisation, et devient aux yeux des occidentaux un instrument de compréhension de la culture marocaine. Enfin, un voyage à travers les villes du Maroc est une expérience à ne pas manquer, qui donne envie de la renouveler souvent.

Casablanca, la ville aux cent visages

Casablanca, la ville aux cent visages

A l’orée du XXI éme siècle, l’architecte Ricardo Bofill délaisse son style néo-antique pour concevoir Casablanca world Trade Center, dont les deux tours de bureaux atteindront 100 mètres et s’appellent désormais les « twins ».
Capitale industrielle, commerciale et financière, Casablanca est la plus grande agglomération du Maghreb. Les récentes façades miroirs de certains immeubles de bureaux ne doivent pas décourager: Casa¬blanca, fruit d’une riche histoire cosrnopolite, mérite un regard attentif.

Urbanisme, une histoire bien particulière

Casa Blanca, nom donné par les Portugais qui, jadis, la peuplèrent, devint au XVIII éme siècle Dar-El-Beîda: dans toutes les langues, c’est la « ville blanche ».
Au début du Protectorat français, la ville était circonscrite dans son mur d’en¬ceinte, c’est l’actuelle Médina. Si 25 000 personnes Y habitaient en 1907, aujourd’hui, le Grand Casablanca compte 35 millions d’habitants.
Dès 1914, la ville se dote d’un service d’architecture et d’urbanisme dirigé pendant dix ans par Henri Prost. Les orientations prises alors furent diversement appréciées, notamment la volonté de séparer les villes traditionnelles, pour en respecter l’intégrité, des villes nouvelles, répondaient aux normes urbaines modernes. Elles furent suivies par Prost à Casablanca, mais aussi à Rabat, Meknès, Fès ou Marrakech. Cette séparation aurait pu condamner les médinas à devenir des villes-musées, mais il n’en a rien été.
Le port – qui assure aujourd’hui près de 44 % du trafic maritime marocain -, la gare, ainsi que les principales avenues alors surdimensionnées, allaient être créés. Autour du port, la ville se développe en éventail. A l’est s’installa la zone industrielle, tandis que l’ouest devint une zone résidentielle: la prestigieuse colline d’Anfa qui surplombe la mer, était déjà appréciée au Vlémé
siècle par les Phéniciens … Le Parc de la ligue Arabe, immense domaine de verdure avec arcades, pergolas et terrasses de café ombragées, date des années 20, ainsi que les constructions du centre ville.
Pour faire face à l’extension d’une agglomération de 650 000 habitants, un nouvel urbaniste fut appelé en 1952:
Michel Ecochard. Celui-ci s’intéressera à l’habitat pour le plus grand nombre et étirera la zone industrielle le long de l’océan, tout en créant de nouveaux quartiers à l’ouest: Bourgogne, Racine, Beauséjour.
Par la nécessité d’une vision urbaine à l’échelle d’une mégalopole, l’agglomération a été érigée en Wilaya, divisée en six grandes préfectures: ce découpage administratif ainsi que la création de l’Agence Urbaine en 1984, sous la tutelle du Ministère de l’intérieur, permettent une réelle stratégie d’aménagement.

La Grande Mosquée Hassan II, chef d’œuvre architectural et symbole d’un Islam ouvert sur le monde et sur la science selon le vœu de Sa Majesté Hassan II, a été construite en partie sur l’eau, à la pointe extrême du Maghreb. Inaugurée en 1993 (on peut la visiter, ce qui est exceptionnel), elle comprend une médersa, une bibliothèque, un musée national et d’immenses salles de conférences. C’est aussi le pivot du Casablanca du XXIème siècle. Outre la Corniche située entre la Grande Mosquée et El Hank, où sont prévus une grande promenade, un parc et un aqualand, une vaste percée reliera l’édifice au cœur de la ville, la Place des Nations Unies et comportera un Palais des Congrès, un théâtre …

Architecture: la richesse des influences

De la cathédrale du Sacré-Cœur, dont les deux flèches pyramidales constituent un repère du Parc de la Ligue Arabe, à la Place de la Fraternité, où se rencontrent les boulevards Rachidi et Moulay Youssef, bordés de magnifiques palmiers, une promenade fait remonter le temps: derrière les luxuriants buissons de bougainvillées se cachent des villas Arts Déco. Construite en 1920, la Poste Centrale offre une place d’honneur à la boîte aux lettres, au cœur de la façade principale, sous les arcades. Les grilles de fer forgé, stylisées, se marient avec l’art du zellige, si caractéristiques des arts décoratifs marocains. La Place Moha¬rned V représente le centre administratif de Casablanca: le Palais de justice reprend le principe du patio limité par un portique et reflète une époque où la décoration faisait appel aux artisans marocains.
Au centre ville, ça et là, une coupole colorée attire le regard et le bâtiment qu’elle coiffe porte encore le patronyme d’une société ou d’un ancien magasin. Ce style composite est marqué par une rigueur qui n’exclut pas l’ondulation d’une façade, combiné à une grande richesse décorative de détail où s’exprime l’artisanat.

Casablanca est également une cité océane: à partir du phare d’El Hank, un chapelet de plages, de piscines aménagées, de cafés, d’hôtels et de restaurants, bordent le boulevard de la Corniche, l’un des rendez-¬vous préférés des Casablancais.
Mais Casablanca, comme toute mégalopole, ne cesse de se construire au fil du temps. Dans les années 50, l’immeuble Liberté, au carrefour des boulevards de la Liberté et Zerktouni, avec son altière façade concave, fut à son époque, le plus élevé d’Afrique. Demain, ce sera le Casablanca Trade Center composé de deux tours jumelles de 100 mètres de haut, destiné à devenir un grand centre international d’affaires et qui comprendra des bureaux ultramodernes, un centre de congrès, des galeries commerciales, etc. .. D’autres immeubles à l’architecture futuriste continuent de remplacer les villa d’antan, et beaucoup de galeries commerciales ont été implantées, qui font la joie des amateurs de shopping.
A l’approche de l’an 2000 Casablanca est toujours une ville aux cent visages et malgré son gigantisme, la ville garde un réel charme. Si le métro s’annonce dans un avenir proche, gageons que les Casablancais continueront longtemps encore à flâner à l’air libre, l’œil aguiché, le regard perdu dans leur captivant kaléidoscope urbain.